Mon dernier article date du 2 février. À ce moment-là, j’expliquais que j’étais à l’arrêt à cause d’une intoxication alimentaire (qui était peut-être un virus, vu la violence du truc). J’ai été complètement vidé, plus aucune énergie, quasiment pas dormi pendant cinq nuits…bref, le corps en PLS totale. Bonne nouvelle d’abord : aujourd’hui, ça va beaucoup mieux de ce côté-là. En plus, j’ai pu récupéré du sommeil, de l’énergie, et cette sale période est derrière moi.


Mais évidemment, ce serait trop simple si tout s’arrêtait là. En parallèle, une douleur au dos est apparue, persistante et ne s'améliorant pas. J'avais l'idée de repartir demain, mardi 10 février, mais je suis allé voir un médecin aujourd'hui par précaution. Puis un deuxième (oui, parce que j’ai trouvé que le premier était un peu trop pessimiste sur mon état, ahah). Verdict des deux : inflammation du dos, et au grand minimum une semaine de repos complet avec des séances de kiné pour éviter que ça revienne, surtout avec mon historique d’inflammations récurrentes.


Autant dire que ça me met un sacré coup au moral. Parce que j’ai vraiment l’impression de ne faire que ça depuis décembre : pause, reprise, pause, reprise. Deux semaines pour moi à Noël pour voir les amis, la famille. Une semaine en janvier pour voir des potes à Paris, un peu sur un coup de tête. Puis une autre petite pause en arrivant à Lille fin janvier. Enfin, une pause à cause de l'intox, et maintenant à cause du dos. Des pauses partout.


À chaque fois, je repars et à chaque fois, je dois m’arrêter. Souvent dans des endroits différents, sans jamais vraiment retrouver un rythme. Et franchement, je crois que mentalement, c’est presque plus dur que de continuer sans s’arrêter.


Il y a aussi un truc plus difficile à gérer, plus intérieur, un sentiment de fragilité. Je me demande si je n’en fais pas trop avec mes douleurs, si je ne surinterprète pas, si je ne dramatise pas. D'un autre côté, les médecins sont clairs. Les kinés aussi. Aucun ne m’a dit que j’exagérais, au contraire (après, une grande partie du diagnostic dépend de ce que partage le patient). Et ça me perturbe, parce que je sais que j’ai plutôt tendance à esquiver, à minimiser. Je sais que c’est étrange aussi de me comparer, mais d’autres personnes ont fait des projets similaires sans enchaîner autant d’inflammations. Du coup, je m’interroge beaucoup. Sur mon corps, sur sa manière de réagir, sur mes limites propres.


J’apprends à accepter que ce parcours-là, ce tour de France, ce soit aussi une exploration de cette fragilité, et pas seulement une ligne droite à parcourir à pied. Je suis vraiment dégoûté mais ne pas écouter les médecins et les signaux de mon corps ne servirait strictement à rien (j'ai déja essayé). Continuer comme si de rien n’était, ce serait prendre le risque que ça empire, et là, ce serait beaucoup plus long, beaucoup plus compliqué, beaucoup plus chiant.


Alors je vais faire ce que je fais le moins bien, je vais m’arrêter. C’est frustrant, mais ça m’apprend aussi. Sur mon corps et sur l’importance de prendre le temps, même quand on a un objectif qui nous tient à cœur.


Au fond, malgré tous ces arrêts, une chose est devenue encore plus claire, j’ai terriblement envie d’aller au bout de ce tour de France à pied. Et ça, aucune inflammation ne pourra me l’enlever.