Petit déjeuner royal chez Géraldine et David. Je pourrais presque avoir envie de ne plus repartir. Ils me glissent même un sandwich et des viennoiseries pour la route. Je pars avec un avantage moral sur la journée. Je recroise Virginie et Régis dehors, on échange encore quelques mots, puis je dis au revoir à tout le monde. C’est chaleureux, simple, et ça donne envie d’être à la hauteur de la journée qui commence.


Et justement, elle commence très bien. Soleil, ciel bleu, et mes deux jambes en forme. Je monte vers la Clape, et là-haut, la Méditerranée s’étale comme si elle n’avait rien d’autre à faire que d’être belle. Ça tape un peu, mais c’est le bon genre de chaleur. Je croise quelques coureurs, puis un groupe de traileurs.


On commence une sorte de danse un peu absurde. Ils me dépassent en courant, je les redouble quand ils marchent, ils repartent, je repasse…et au bout d’un moment, forcément, on finit par parler. Ils sont adorables, curieux, bienveillants. Impressionnés par le projet, alors que moi je suis surtout impressionné par leur capacité à courir en montée en discutant. Mylène me dit même qu’elle est un peu déçue que je ne m’arrête pas près de chez elle, car elle m’aurait accueilli avec plaisir. Ça me touche, vraiment.


On se quitte, enfin, ils me laissent sur place en accélérant, près de Narbonne, où ils retournent à leur voiture. Moi, je récupère un canal que je longe tranquillement jusqu’au centre. Et là, changement d’ambiance : le marché, du monde, du bruit, de la vie. Narbonne est belle comme ça, animée sans être étouffante. Je me pose dans un parc pour manger mon sandwich et mes viennoiseries. Merci encore Géraldine et David ! 


Je repars pour les derniers kilomètres. En approchant de Bizanet, le paysage change un peu. Des arbres noircis, des traces visibles des incendies de l’an dernier. C’est discret parfois, brutal à d’autres endroits. Ça rappelle que tout peut basculer vite, même ici.


Arrivé au village, je reçois un premier refus, très gentil, vraiment, puis je continue. Je tombe sur une maison avec une plaque d’hypnothérapeute. Intrigué, je sonne. On verra bien.


Alexandra m’ouvre. Elle me propose à boire en attendant que son mari rentre pour en discuter. Je rencontre sa fille Solène, en train de jouer dans la piscine avec des copains. Ambiance colonie de vacances. Laurent arrive peu après. Un peu surpris, forcément, mais très vite partant. Et là, jackpot, il me propose une chambre rien que pour moi, avec douche et toilettes, de l’autre côté du jardin. Un petit cocon. Ils m’offrent un sirop à la menthe, et surtout…la piscine. Plouf. Je pourrais rester des heures. Le corps me dit merci.


On discute ensuite tous ensemble dans la cuisine. Alexandra parle de son métier avec une passion qui accroche immédiatement. Infirmière de formation, elle s’est tournée vers l’hypnothérapie, et elle explique tout ça avec une clarté et une énergie assez rares. Elle parle du corps, des réactions, de ce qu’on ne voit pas mais qui agit quand même. Je bois ses paroles sans faire semblant.


Solène, elle, est déjà tournée vers la suite. Le collège, “le meilleur de Narbonne” selon elle, dit avec une assurance qui fait sourire. Elle va se mettre au foot après des années de gym. Franchement, je la vois bien ailière, rapide, imprévisible. Bon, mon instinct n’a jamais fait ses preuves, mais je tente.


Laurent, lui, c’est son t-shirt Millet qui le trahit direct. Amateur de rando, de bivouac. On parle rapidement marathon de Paris, on a ça en commun. Chirurgien dans la vie, il soigne les autres et visiblement il entretient aussi bien le sien.


On prend l’apéro dehors, verrines, vin blanc, avec le soleil qui descend doucement au dessus de nos têtes. L’ambiance est calme, agréable et facile. On parle de tout : de leurs vies, de mes envies, du lien social, même du maire de Carcassonne (ça me donne moins envie de m’y arrêter, honnêtement).


Le dîner continue sur la même lancée : pâtes, saumon, glace. On tente de manger dehors, mais les moustiques décident que c’est leur soirée aussi. Et clairement, je suis le buffet principal. J’en ai dix autour de moi en permanence. On finit par rentrer, et on est bien mieux à l’intérieur, même si mon corps me gratte dans tous les sens.


Après ce repas, plus personne ne traîne. La fatigue est là pour tout le monde. Je rejoins ma chambre, avec télé, Netflix et tout le confort…que je n’utilise pas. À 22h30, je suis au lit. Encore une journée qui tient à pas grand-chose. Une sonnette, une porte ouverte, des gens qui disent oui. 


Et tout s’aligne.