J26
De La Baule à Saint-Molf
42 kilomètres
Deux jours de pause derrière moi, un vrai lit, des repas sans sardines, le confort des amis et de la famille. Il est temps de repartir. Ça fait drôle de quitter une maison à pied. Eux restent là, moi je m’efface au coin de la rue, direction quarante-deux kilomètres plus loin.
Et puis l’étape. Magnifique. Vraiment. Début du GR34, et ça claque dès les premiers mètres. Marais salants qui brillent comme des miroirs, plages désertes, marche improvisé au bord des falaises, petits passages en forêt. Le tout sous un grand soleil qui rebondit sur chaque goutte d’eau. J’avance, mais je m’arrête souvent juste pour regarder ou prendre des photos (aucun selfies par contre, je passe déjà trop de temps avec moi-même, pas besoin de m’ajouter en photo sur chaque virage du chemin).
Pause repas seul sur une plage, soleil en pleine gueule, pain et sardines (avec un peu de biscuirs granola en desserts). Ça y est, c’est ça le bonheur. Pas besoin d’aller le chercher : désolé Christophe Maé, je l’ai trouvé avant toi.
Tout autour, ça sent la Bretagne. Drapeaux, noms, ambiance : le 44 doit avoir un petit côté breton refoulé.
Le soir, j'arrive à Saint-Molf. Je m’enfonce dans un lotissement en quête d’un coin où planter ma tente. Et je tombe sur Serge et Lydia, jeunes retraités affairés dans leur jardin, aussi fatigués que moi par leurs plantations. Pas besoin de forcer : ils m’invitent direct. Tente dans le jardin, douche, et j'ai même le droit de faire un plongeon dans la piscine. Là je me dis que ce tour de France est bien moins rude que ce que j’imaginais.
Fin d’après-midi parfaite : lecture sur un transat, soleil qui descend lentement. Le soir, on discute. Du métier de policier, des moments durs, de l’injustice et des regards qu’on porte sur eux. De l’IA aussi, du bonheur d'avoir des petits-enfants, de sport, de livre...Tout y passe et c'est agréable.
Le dîner est à l’image de la journée : improbable mais excellent. Nems et pâtes. L’Orient et l’Italie dans une assiette proche du pays breton.