J77
De Dinard à Saint-Malo
Une petite étape aujourd’hui, presque une promenade familiale. Ma mère est en télétravail, alors c’est mon père qui m’accompagne pour relier Dinard à Saint-Malo. On n’est pas pressés : dessert maison, petit café qui fume encore, et hop on part sous un grand ciel bleu, le genre de lumière qui donne envie de sourire pour rien.
On file vers l’intra-muros en longeant la mer, puis en traversant le barrage de la Rance. C’est drôle comme mon père et moi n’avons pas la même manière de percevoir les distances. Lui est persuadé qu’un passage dans un lotissement dure une éternité… mais on l’avale en dix minutes. Il se souvient aussi d’un dénivelé “terrible, monstrueux, à te couper les jambes” qu’on avale en… dix minutes. Je crois que le temps change de forme avec nous deux : lui l’étire, moi je le compresse.
Avant d’atteindre Saint-Malo, on fait un détour par Saint-Servan pour regarder les maisons à vendre. On se transforme deux minutes en agents immobiliers autodidacte. C’est léger. C’est le genre de moment où on marche autant avec les jambes qu’avec les souvenirs.
On arrive finalement à Saint-Malo, les remparts découpés dans la lumière de fin de journée. On se pose dans un PMU, un petit endroit où tout le monde semble connaître tout le monde. On attend ma mère, qui nous rejoint juste après avoir terminé sa journée de boulot.
Et là, sous la nuit qui tombe, on partage un chocolat chaud tous les trois. Ça ressemble exactement à ce que devait être cette étape : un petit bout de chaleur au milieu de l’hiver.