Petit-déjeuner ce matin avec la petite famille, sans la loutre, déjà partie tôt. Café, pain, pâte à tartiner, deux chocolats, et une confiture pomme cannelle vraiment excellente. Je repars en pleine forme, presque trop.


Le chemin, lui, est…entre deux. Ni beau, ni moche. Ni carte postale, ni truc à fuir. Une succession de bouts de routes, de zones un peu floues, des endroits qui ne cherchent pas à séduire mais qui ne repoussent pas non plus. Aujourd’hui je ne suis pas là pour être émerveillé, juste pour avancer. Et au fond, ça fait le job. Ça laisse de la place aux pensées, aux podcasts, à la musique. Une journée qui glisse sans relief, mais sans accroc.


Même sensation en arrivant à Béziers. La ville ne me saute pas à la gorge, mais elle ne me déplaît pas non plus. Ce qui me frappe surtout, c’est autre chose : les affiches. Partout. Et beaucoup, vraiment beaucoup, faites avec de l’IA. Des visuels un peu trop parfaits, des regards étranges, des compositions lisses. Commerçants, événements, même la ville s’y met. J’en avais déjà vu, mais là, c’est presque une invasion au mètre carré. Ça donne une ambiance un peu bizarre, comme si tout était légèrement faux sans qu’on sache exactement pourquoi.


Je fais une petite pause près de l’église, histoire de couper la journée, puis je rejoins Frédérique, qui m’accueille via Couchsurfing.


Très vite, j’apprends quelque chose d’assez inattendu : elle est la mère d’un streameur assez connu…que je connais moi-même. Mais l’ambiance change vite. Ils ne se parlent plus. Et ça se sent. Je n’insiste pas, ça ne se fait pas, mais la tristesse est là, posée, presque palpable.


Frédérique me donne l’impression d’être très seule. Vraiment. Elle fait des efforts, ça se voit. Elle est sur toutes les applis possibles pour rencontrer du monde, participer à des soirées, créer du lien. Et parfois, ça marche un peu. Mais il y a quand même un vide qui reste. Malgré ça, elle garde le sourire, elle accueille, elle propose. C’est touchant, et un peu dur à voir en même temps.


Elle m’installe dans une petite chambre d’amis, puis on part faire des courses. Deux heures. Vraiment deux heures. 


Le soir, c’est saucisse-purée devant Mask Singer. Et là, bon…comment dire. C’est quand même assez terrible comme émission. J’apprends aussi qu’elle est fan absolue de Cyril Féraud. Elle a assisté à plein d’émissions, elle suit tout, elle connaît par cœur. Elle me raconte ça avec une vraie lumière dans les yeux. Elle m’explique qu’elle lui à même offert des vêtements pour son fils.


On finit de manger tard, vers 23h. La journée est longue dans ma tête. Je me glisse sous la couette, un peu fatigué, un peu secoué de cette rencontre et de l’ambiance particulière qui y régnait.