J18
De Jard-sur-Mer au Bourgenay
Le matin commence doucement. Je quitte le petit coin d'herbe où j’ai planté ma tente hier soir, chez un charmant couple de retraités qui m’a accueilli avec chaleur. Autour d’un café fort comme un souvenir de jeunesse, avec des tartines grillées qui croustillent encore dans mes mains, nous échangeons quelques histoires de voyages. Rien de spectaculaire, juste le plaisir de parler, d’écouter, de partager le temps d’un petit déjeuner.
La journée de marche est courte, mais pas sans relief. Montées et descentes se succèdent et je me surprends à apprécier cet effort. Sur la route, une troupe de cyclistes retraités, tout sourire et tout bavard, me saluent un à un : "Bonjour ! Bon courage !", une chorale de bonne humeur qui réchauffe plus que le soleil encore timide. Quelques centaines de mètres plus loin, cinq mamies marcheuses, décidées à tester ma vitesse, me suivent sur 500 mètres avant de jeter l’éponge. Je me sens d'une forme olympique.
Arrivé au Bourgenay, je m’offre une baguette et m’installe sur le port. Le pain chaud, le sel dans l’air et le clapotis des vagues : il y a des moments qui s’inventent parfaits sans qu’on y mette un mot. Un café plus tard, je me plonge dans un moment de lecture. Ensuite, un coin d’herbe pour réveiller mes bras, un peu d’exercices physiques suivis de quelques sprints. Et puis la mer m’appelle. Je me baigne, je flotte, je glisse sur lzs cailloux.
Le soir, Brigitte et Thierry, un couple de retraités très mobilisé contre une future installation de vague artificielle (à raison, au vu du désastre écologique) acceptent que je plante ma tente dans leur jardin. Nous partageons un thé tranquille et quelques discussions sur l’avenir de leur littoral. Je me couche avec le sentiment d’avoir trouvé, encore une fois, des petites îles de gentillesse au milieu de mon chemin.