Aujourd’hui, petite étape.
Enfin, petite sur le papier. Parce que dans les jambes, ça ne suit pas vraiment. Je sens la fatigue accumulée des derniers jours, et pour la première fois depuis le début, je fais une pause au bout de cinq kilomètres. Cinq kilomètres. Autant dire rien du tout. Ça me fait sourire, mais le corps, lui, ne négocie pas.
J’avance doucement. Quand j’arrive vers l’océan, le paysage change d’un coup. Des vagues, du sable, de l’eau à perte de vue. Ça fait quelque chose.
Je pose mes affaires et je vais me baigner. L’eau fait du bien. Je reste un moment, puis je m’allonge pour bronzer. Rien de très ambitieux. Juste profiter.
Et puis forcément. Une vague un peu plus grosse que les autres. Mal anticipée. Elle remonte plus loin que prévu. Direct sur mes affaires. Le sac trempé. Plein de sable. Tout est humide. Je fais l’inventaire. Une batterie externe foutue. Mon livre irrécupérable. Et les rouleaux de papier toilette… mbibés d’eau salée et de sable. Fin de vie immédiate.
Je nettoie comme je peux, j’essore, j’étale. Et je pars me poser dans un parc pas loin.
Je repars en fin de journée pour trouver où dormir. Je sonne à une maison. À peine le temps de dire un mot qu’un monsieur me coupe net : si je reste devant sa porte, il appelle la police. C’est la première fois que ça arrive aussi frontalement. J’avoue, pendant une seconde, j’ai eu envie de rester. Juste pour le principe. Mais bon, ce n’est pas vraiment l’esprit du voyage. Je repars.
Quelques maisons plus loin, l’ambiance change complètement. Daniel et Marine. Ils m’ouvrent, m’écoutent, et acceptent de m’accueillir…mais avec une contrainte. Leur fille arrive, ils ont prévu une soirée en famille, donc ils ne peuvent pas m’héberger à l’intérieur ni partager le repas. Ils s’excusent presque.
Mais moi, ça me va très bien. Ils m’offrent de la place pour poser ma tente, l’accès aux toilettes, et une douche extérieure. Honnêtement, c’est largement suffisant. Parfois même idéal. Je m’installe, je prends ma douche, et la soirée se passe tranquillement, de mon côté.
Pas de lecture ce soir. Mon livre a pris l’eau, donc bon. Fin assez triste pour un compagnon de route. Du coup, ce sera quelques vidéos youtube au programme de ce soir.
J’essaie de m’endormir tôt, mais les voisins ont décidé de faire des travaux tard, jusqu’à 23h passées. Je ne sais pas qui fait ça, mais visiblement, certains profitent du coucher de soleil tardif pour travailler davantage.
La journée aura été simple, un peu lente, un peu fatiguée. Mais encore une fois, elle se termine quelque part, chez quelqu’un. Et ça suffit largement.