J24


De Pornic à Saint-Brévin-les-Pins

35 kilomètres


Nuit agitée. Ce truc absurde : c’est toujours quand tu as le plus besoin de dormir que ton cerveau décide que non. Au petit matin, surprise : Pascale et Alain ont déjà dressé la table du petit-déj. Café chaud, brioche, petits gâteaux… et en prime, ils m’offrent les restes pour la route. Rien que ça, ça change la journée.


Les 35 km s’enchaînent vite. Je suis fatigué mais porté par les paysages et par les appels aux copains pour organiser un tournoi de palet à Châteaugiron (ma ville natale, évidemment la plus belle du monde). Entre deux coups de fil, le paysage déroule, l’air est vif et ça réveille mieux qu’un expresso.


Pause recharge téléphone sur un petit vélo électrique : vingt minutes de pédalage pour 20 % de batterie. L’écologie a ses limites. Au moment même où je m’apprête à m’asseoir sur un banc, je tombe sur Alban Pellegrin, ancien candidat de Koh-Lanta, en train de faire son propre défi : quatre coins de la France en 72 jours, un marathon par jour. Le genre de gars qu’on ne croise qu’une fois. On discute quelques minutes, on rigole de cette coïncidence et on tombe d’accord sur un truc : l’accueil des gens est toujours bluffant.


Plus tard, après un nouveau pain-sardines adossé à un nouveau pin (j’en ai marre des pins, pas encore des sardines, mais ça viendra), je croise un groupe de retraités vendéens en plein festin. Ils m’invitent direct à leur table. Deux cafés, des bouts de gâteaux, beaucoup de rires. Je sais que je vais devoir rouler pour finir l’étape, mais tant pis. Ça valait le coup.


En arrivant à Saint-Brevin, je décide de m’offrir un luxe pour fêter la fin du GR8 : un emplacement au camping pour 7,30 €. Douche, piscine, calme. Et surtout, un vrai lit de sommeil dans ma tente. Mission réussie : je m’endors comme une pierre.


Enfin presque. Un chat décide de griffer ma tente pile au niveau de la porte. Elle n’est plus imperméable. J’étais persuadé que ce tour allait me réconcilier avec les animaux. Échec.