J28
De Arzal à Ambon
30 kilomètres
Après un petit-déj pantagruélique chez Ghislaine (madeleine, compote café, kéfir maison, baguette et probablement une forme de beurre bénie par les dieux du cholestérol) je repars vers Ambon. Enfin, “repars”...disons que je m’envole dans la lenteur.
Le GR34 s’étire devant moi, ruban vert sur fond d’Atlantique. Par moments, la mer apparaît entre deux haies, comme une star qui accepte de signer un autographe avant de repartir en limousine. Le reste du temps, c’est moi, les champs, et cette odeur d’herbe parfois fraîchement coupée.
Je marche. Le temps, ce fourbe, file sans prévenir. À un moment, je réalise que je ne pense plus à rien, ni à moi, ni à faire ma lessive (il ne me reste qu'un caleçon propre), ni à la civilisation toute entière. Juste au rythme de mes pas et à ce petit soleil qui me chauffe la nuque. C’est apaisant, presque suspect.
Le soir, Noé débarque à Ambon. Dix-huit ans qu’on se connaît, et bordel, ça se voit. On n’a pas besoin de parler beaucoup, tout se remet en place.
On passe une p'tite soirée Vannes, sans plan précis, juste un peu de lumière, deux potes, et la sensation d’être exactement à la bonne place : entre le champ et la mer, entre le passé et ce qui vient après.