J29
De Ambon à Sarzeau
25 kilomètres
Le matin commence par un crime prémédité : je vole sans vergogne tout ce que Noé mange au petit-déj. C’est pas ma faute, il a tout laissé sans surveillance. Et puis, la marche, ça donne des droits. Surtout moraux. Enfin, à peu près.
Je quitte Vannes en bus, direction Ambon, pour reprendre le fil de ma pérégrination. Pas de pause pour moi tout de suite, non. J'ai un projet de 100 km en 24 heures samedi. Parce que manifestement, mon cerveau a la même relation avec la fatigue qu’un chat avec une baignoire pleine d’eau : méfiance totale, mais fascination morbide.
L’étape du jour est plus courte, et franchement plus belle. Le coin de Sarzeau, c’est un peu la Bretagne en mode carte postale : sentiers côtiers, lumière dorée, herbes qui s’inclinent comme si elles savaient qu’elles sont jolies.
Le soir, je retrouve Alice, une ancienne collègue de prépa, à Sarzeau. Elle est là avec sa mère, et tout de suite, il y a cette chaleur calme, un peu domestique, qui fait du bien après une journée à parler avec des goélands (je suis pas sûr que c'était des goélands, mais en tout cas c'était de grands oiseaux blanc). On discute tranquille, autour d’un thé et d’un mugcake d’anthologie.
On ne se connaît pas tant que ça, mais le moment est agréable. Le genre de soirée où tu réalises que la fatigue rend les gens sincères.