J32


De Vannes à Larmor-Baden

31 kilomètres


Il est temps de dire adieu à Noé. Enfin “adieu”… plutôt “à très vite”, parce que vu tout ce que j’ai mangé chez lui, je risque de revenir pour rembourser ma dette. Ce matin, je profite une dernière fois de son hospitalité en finissant le pain et en lavant la vaisselle pour la forme (histoire qu’il ne me déteste pas). Puis je referme la porte, le sac sur le dos, prêt à retrouver ma meilleure amie : la marche.


Et quelle reprise ! Le GR34 entre Vannes et Larmor-Baden est une merveille. Bon, si on met de côté les racines d’arbres vicieuses qui me font trébucher tous les deux cents mètres. Mais entre les chênes tordus, les sentiers en sous-bois et les reflets du ciel sur l’eau, la journée est belle. Le soleil chauffe doucement la nuque, la mer miroite, et je me surprends à sourire tout seul, comme un type un peu trop heureux de marcher.


Pause déjeuner sur un banc face aux bateaux. Menu du jour : pain, rilettes et panorama cinq étoiles. Puis, après quelques heures de contemplation et de faux “c’est sûrement le bon chemin” (non), j’atteins Larmor-Baden.


Je traverse tranquillement le village jusqu’à ce qu’un homme, intrigué par mon énorme sac, me demande ce que je fais là. C’est Jean-Baptiste, designer, ancien grand voyageur, et surtout… sauveur du jour. En deux phrases, il comprend mon périple, me sourit, et me propose de planter la tente dans son jardin.


Son jardin, c’est un petit paradis : herbe douce et surtout un majestueux noyer. J’adore les noix (décidément j’aime beaucoup trop de choses) !


Le soir, il m’apporte une compote de pommes maison : un délice. Le lendemain matin, rebelote : compote, tartine à la confiture de pommes, thé chaud… et, avant mon départ, un cadeau de route : quelques noix et… une pomme. Forcément.


Je quitte “Monsieur Pomme” le ventre plein et le sac parfumé au verger. Une chose est sûre : avec toutes ces pommes, le médecin ne risque pas de me revoir avant un moment.