J35


De Carnac à Quiberon

24 kilomètres


Réveil en douceur dans ma buanderie de luxe. Petit-déjeuner gastronomique : deux barres de céréales avalées. Puis, sac sur le dos, je repars marcher. Surprenant, non, pour quelqu’un qui fait ça depuis quelques dizaines de jours ?

Mais aujourd’hui, la motivation est toute trouvée : mes grands-parents m’attendent à Quiberon pour un restaurant. Et autant dire que je ne compte pas rater ça. Je presse donc un peu le pas, direction la presqu’île, en mode “marche sportive mais toujours contemplative”.


Dans les oreilles, mon fidèle compagnon de route : le podcast Les Pieds sur Terre. Une pépite de France Culture. C’est mon rituel : des voix, des récits de vie, de l’humain pur. En ce moment, j’écoute une série qui s’appelle Même pas mort, sur le suicide d'un jeune de 23 ans. Pas franchement joyeux, mais d’une intensité rare. Le genre de podcast qui te remet les idées en place, un peu comme le vent breton dans la figure.


À mesure que j’avance, je sens que la presqu’île vit au ralenti : beaucoup de volets fermés, de maisons endormies… L’été s’en est allé, et moi je traverse ce décor d’après-saison. Après quelques heures, j’aperçois enfin mes grands-parents, plantés devant l’église, grands sourires et bras ouverts. Les voir là, en pleine forme, me fait un bien fou. On file prendre un café, avec viennoiserie, évidemment. Ma grand-mère veille personnellement à ce que je ne perde pas un gramme, mission sacrée des grands-parents du monde entier.


Puis, direction le restaurant… à Plouharnel. Là même où j’étais il y a trois heures. Petit retour en arrière express en voiture, mais bon : pour une bonne pièce de viande, je suis prêt à tout. Et le repas est parfait.


Après le déjeuner, on retourne à Quiberon pour une balade digestive. Et soudain, on aperçoit un groupe de jeunes à vélo, tous déguisés. Ambiance délirante. Mes grands-parents, fidèles à eux-mêmes, engagent la conversation (leur superpouvoir). En deux minutes, tout le monde sait que je traverse la France à pied… et trois minutes plus tard, les jeunes m’invitent à leur soirée : un enterrement de vie de garçon.


Je dis oui, évidemment. Comment refuser une invitation pareille ? En plus, détail croustillant : c’est un EVG… d’un homme déjà marié. Son mariage avait été une surprise pour ses amis, alors ils ont décidé de se venger un an après avec un EVG surprise.


Le soir venu, après un gros bisou à mes grands-parents, je le retrouve donc à leur soirée. Ils m’appellent “le facteur X”, l’invité mystère tombé du ciel. Apéro, défis absurdes, resto, sortie vélo : un joyeux bazar plein de vie.


Je finis par me glisser hors de la fête vers 3h du matin (oui, quand même), avec dans la tête une pensée pour demain : 35 kilomètres à faire. Le réveil à 8h promet d’être… intéressant.