J34


De Auray à Carnac

32 kilomètres


Je quitte Christian et Françoise le ventre plein et le cœur léger. Petit-déjeuner royal, discussions matinales et, en plus de ça, ils m’offrent les crêpes restantes pour la route. Rien de mieux qu’un bout de blé noir en guise de carburant.


Sous un grand ciel bleu, je reprends la marche. La route serpente entre champs, villages et petits bois, avec toujours cette odeur d’iode en fond d’air. Le soleil tape juste comme il faut, les oiseaux font le job niveau ambiance sonore, et je me surprends à penser que le bonheur, finalement, c’est peut-être juste ça : avancer tranquillement, un pas après l’autre, sans but précis si ce n’est la prochaine crêpe.


En arrivant à Carnac, je ressens une drôle de nostalgie : je repasse devant une maison qu’on avait louée il y a quelques années avec des amis. Un petit détour par le centre-ville s’impose, café en terrasse pour la modique somme de 1,30 €. Luxe abordable, le café du marcheur.


Vient alors la grande question du jour : où dormir ? Et si je testais quelque chose de nouveau ? Je passe devant un gîte tenu par Jean-Luc et Katia, je tente ma chance au téléphone… et bingo ! Ils m’acceptent volontiers. Leur sœur Chantal, sur place, m’accueille avec un grand sourire et m’installe… dans la buanderie. Oui, oui, la buanderie. Mais attention : une buanderie chaude, propre et douillette. L’hôtel trois étoiles du linge frais.


Cerise sur le gâteau, Chantal m’apporte même le dîner directement sur place. Service en chambre, version GR34. Franchement, que demander de plus ? En plus d’être adorable, elle déborde d’énergie et de bonne humeur, le genre de personne qui te file le sourire juste en te parlant.