Me revoilà sur la route, au départ de Boulogne-sur-Mer, après quelques jours passés à Paris. Des retrouvailles précieuses avec des amis, certains que je n’avais pas vus depuis très longtemps. Ça fait du bien, mais revenir au chemin après une pause, ce n’est jamais facile. C'est le piège.


Au départ de Boulogne, je ressens un petit moment de mou. Une sensation étrange, un peu fade en marchant. Ce n’est ni du stress ni de l’angoisse. Ce n’est même pas que ça va mal. C’est presque pire que ça, la peur de m'ennuyer. Comme si, après tant de kilomètres, le chemin risquait de perdre un peu de sa magie. Et puis, doucement, comme souvent, le corps et l’esprit retrouvent leurs repères. Le rythme revient. La marche redevient naturelle. Le mental se recale.


Le soir venu, je pars à la recherche d’un hébergement. Et là, une première pour moi, une dame me dit qu'avec tout ce qu’on peut voire en ce moment, elle préfère ne pas m'accueillir. Au total j'ai 11 refus ce soir. Nouveau record. Même si les refus sont toujours polis, ça met quand même un petit coup au moral. Aller de porte en porte, se présenter, expliquer son projet, et entendre non encore et encore.


Mais une maison s’est tout de même ouverte !


Je vous les présente : Sophie, la maman, Stéphane, le papa, neil, leur fille, lalie, l’autre fille. (Il y a aussi leur fils, Titouan, en études d’ingénieur, mais il est à Lille.) Sophie est kiné, en cabinet. Stéphane travaille chez EDF. Il s’est mis aux marathons à 42 ans et prépare maintenant un ultra-trail de 175 km. Respect. Leur fille de 13 ans, un peu inquiète, glisse à sophie quelque temps après mon arrivée "mais il va nous tuer cette nuit" (si vous vous demandez comment je le sais, c'est sophie qui me l'as confié).


L’accueil est chaleureux, simple, sincère. Quand j’arrive, on me propose même des pancakes au Nutella pour le goûter. Puis un apéro ! On discute longuement, de mon projet, des rencontres, de la route, de tout ce que ce voyage brasse. Sophie, en bonne kiné, me fait aussi tester des chevillières. Elle sent bien que mes chevilles vont en avoir besoin, surtout dans les Pyrénées, d'autant que je ne peux pas changer de chaussures à cause de mes tendons.


Le dîner est tout aussi réconfortant avec steak, œuf, riz, carottes. Simple, parfait. Après ça, on passe un petit moment tranquille devant la télé, à discuter encore un peu, à redescendre doucement de la journée.


Puis je me couche relativement tôt, car réveil à 6h30 demain. C'est fini les grasses matinées. Dommage, je m'y étais attaché.