Ce matin, je remets le sac, je ferme la porte derrière moi et me voilà reparti. La journée qui m’attend est très différente de la veille. Beaucoup de pistes cyclables. Beaucoup. Il n'y a aucun paysage à couper le souffle, et je suis sous la pluie.
Mais curieusement, ça fonctionne. Le flux des voitures, leur vitesse, leur mouvement continu, ça donne un rythme. Une dynamique. Comme si la route me portait. Je marche vite.
En avançant, je pense à ce petit moi. Celui qui regardait Nus et Culottés avec des étoiles plein les yeux. Celui qui trouvait ça immense, inaccessible, presque irréel. Et là, au milieu d’une piste cyclable sous la pluie du Nord, je réalise que je suis en train de le faire. Pour de vrai. Pas dans un rêve. Pas dans un épisode. Dans ma vie. Et ça me rend profondément heureux.
À midi, je m’arrête dans une boulangerie où il y a un peu de place pour s’installer. Je sors ma boîte de maquereaux. Bim. Direct dans la baguette. En quelques bouchées, il n’y a plus rien. J’ai une faim de loup en ce moment.
L’après-midi, j’arrive à Lille. Je me pose un moment dans une médiathèque, histoire de souffler, de laisser retomber un peu la journée. Puis vient le moment que j’attends vraiment, je retrouve Pénélope. Une amie du lycée. Partie vivre à Lille juste après. (Partir d’une région où il pleut pour aller s’installer dans une autre région où il pleut…on va pas juger) Je ne l’avais pas revue depuis nos vacances entre potes cet été. Et surtout, je n’étais encore jamais allé chez elle à Lille. C'est trop sympa de la revoir. Elle sort de son service à l’hôpital, et on se retrouve. Sourires immédiats.
Elle me fait découvrir Lille de nuit avant de rentrer chez elle. Je retrouve ses parents. Plus tard, sa petite sœur arrive aussi. On s’installe, on parle. De tout. De leur déménagement. De mon projet de tour de France. De la gériatrie, son stage etc...le tout autour d’un repas beaucoup trop bon avec des merveilleux en desserts.
Enfin, maintenant ils ont changé les noms, il y a aussi l’incroyable, le surprenant, etc. Mais peu importe le marketing, c’est scandaleusement bon.
Je me couche ce soir avec le cœur plein. Le ventre aussi, clairement. Je m’endors comme ça. Rassasié de tout.