Je pars de chez Joey et Isabelle le ventre plein, après avoir dévoré plusieurs gauffres au Nutella. L’étape commence agréablement, mais je reste un peu vide, comme dans les vapes. Je ne pense à pas grand-chose, mais ce n'est pas si désagréable. C’est plutôt un état flottant, un peu comme si je traversais la journée à moitié éveillé, en observant le monde sans le saisir complètement.
Je passe par Arras, et la ville me saisit immédiatement. La place centrale est incroyable. Les façades, l’espace, l’équilibre de l’ensemble…rien à voir avec Lens.
Le soir, j’arrive à Bapaume et je sonne à une maison. Peut-être un peu tôt, mais en m’approchant, je remarque que c’est la maison d’une assistante maternelle. J’hésite, je sais que la personne doit être en train de travailler. Mais en même temps, j’admire beaucoup ce métier et je me dis que ma démarche pourrait la toucher.
C’est Clothilde qui sort sa tête par la fenêtre, puis vient m’ouvrir la porte. Elle me fait entrer presque immédiatement. Dans ses bras, elle tient l’un des enfants qu’elle garde et me propose de m’installer. L’accueil est chaleureux, naturel.
On commence à discuter, à rigoler, pendant qu’elle s’occupe de Malo. Peu à peu, je rencontre toute la famille Zuliani. Son fils aîné est en seconde et veut devenir gendarme. Il est souriant, curieux de mon parcours, et nous échangeons sur ce que je fais. Ensuite, je rencontre Enzo, en fac de langues, qui rêve de devenir professeur. Il revient tout juste d’un an en Espagne, et je compatis avec ce retour après un pays chaud et ultra festif.
Le mari de Clothilde arrive ensuite. Tout de suite, il se montre enthousiaste par rapport à mon projet. Pas étonnant, il a déjà participé à des ultratrails, dont l’Ultramarin dans le Golfe du Morbihan. Il me met immédiatement à l’aise.
Le soir, c’est un vrai festin : steak de poulet, gratin de chou-fleur, pâtes et pour finir, crêpe au Nutella. Je dévore tout. On discute tranquillement autour de la table. Après une journée un peu vide, ces moments de chaleur et de rire remplissent vraiment quelque chose à l’intérieur.
Je finis par m’installer dans la chambre d’Enzo. Il a mon âge et est vraiment super cool. Heureusement, entre sa prise de masse et moi, mieux vaut ne pas se battre, sinon je me ferais exploser.
Après un moment à regarder des petites bêtises sur Instagram (parfois ça fait du bien de ne rien faire), je m’endors enfin, fatigué mais serein, avec le sentiment que la journée, même tranquille et un peu vide, s’est remplie de chaleur humaine.