Petit-déjeuner avec Suzanne pour commencer la journée. Pancakes un peu ratés, mais largement rattrapés par une pâte à tartiner au spéculos, complètement indécente. Avant de partir, elle me glisse même un petit pot de pesto à l’ail des ours pour la route.
Je traîne un peu dans le centre de Montélimar avant de repartir, autour du château notamment, puis je retrouve le Rhône. Je marche tranquille aujourd’hui, sans pression. Je suis attendu à 18h chez Marie Claude et Jean Charles, donc pas besoin de jouer au Kìlian Jornet.
Le soleil, lui, en revanche, joue très bien son rôle. Il tape fort. Je me tartine de crème solaire en observant déjà les futures marques moches que je risque d’attraper : t shirt, chaussettes…Je me rassure en me disant que, de toute façon, je fais pas ça pour le style. Bon, un peu quand même.
Je découvre aussi aujourd’hui que le 20 avril, j’ai un oral pour un master de journalisme à Sciences Po. Admissible, maintenant faut assurer en visio. Je serai vers Millau à ce moment-là. Donc nouveau défi : trouver du wifi au milieu de nulle part, et accessoirement passer un oral sérieux en t-shirt de rando. Et le réviser dans les gorges. Bon, on verra bien ce que ça donnera, chaque chose en son temps.
Pause déjeuner près d’un pont fermé pour travaux. Et là, petit plaisir coupable, regarder les voitures arriver, hésiter, puis faire demi-tour. C’est idiot, mais ça me fait rire à chaque fois. Comme quoi, il ne faut pas grand-chose.
Je poursuit sur un long barrage, avec une vue dégagée sur le Rhône et les collines autour. Et puis, à un moment, je le quitte. Fin de la parenthèse du fleuve. Direction l’intérieur, vers Saint-Montan et Bourg-Saint-Andéol. Les paysages changent doucement, les odeurs aussi. Ça sent déjà le sud, la pierre chaude, les herbes sèches. Ça sent l’été avant l’heure.
Après une petite pause pour m’étirer, j’arrive chez Marie Claude et Jean Charles. Accueil immédiat, simple, ouvert. Douche proposée sans détour, et honnêtement, c’était nécessaire.
Ils me montrent ma chambre, puis on enchaîne sur un apéro. Et là, révélation, je goûte un nectar de poire absolument incroyable. On discute beaucoup. Jean-Charles était prof de maintenance en BTS, Marie-Claude est très investie dans la vie du village, notamment avec des ateliers couture en maison de retraite. Ils parlent de leur région avec fierté, des industries locales, de ce coin que je connais finalement très mal. Annonay, Privas…Ils me racontent aussi leur départ de Montélimar, le besoin d’espace, d’air. Ici, ça respire.
On parle même centrales nucléaires, il y en a deux grosses dans le coin, et je repense à celle de Cruas que j’ai longée la veille.. Le dîner est à l’image du reste : simple et très bon. Crique ardéchoise, une sorte d’omelette aux pommes de terre et au persil. Pain, fromage et fruit derrière.
Et dodo.
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