Bonne nuit et en pleine forme. Je fais un crochet au Carrefour pour remplir le sac avant de partir en direction de Montbrun, là où je me suis dit que j’allais m’arrêter pour aujourd’hui.


À Ispagnac, je m'arrête à la bibliothèque. La bibliothécaire m'accueille avec enthousiasme et elle m'aurait bien hébergé si toute sa famille n'était pas chez elle en ce moment. On discute longuement et elle me glisse un café avant de me laisser repartir.


Pause déjeuner avant Montbrun, dans un coin animé par une bonne dizaine de pompiers en exercice. On se retrouve tous avec notre boîte de taboulé, chacun de son côté mais dans la même ambiance. Tout au long de la route, des camions de secours, des véhicules d'intervention, un ballet silencieux et rouge qui ponctue le chemin.


En approchant de Montbrun, le constat est rapide, il n'y a presque rien et personne. Quelques maisons, pas grand monde, pas de quoi trouver facilement un toit pour la nuit. Je décide de pousser jusqu'à Sainte Énimie, qui annonce au moins quelques commerces et un peu plus de vie.


J'arrive en fin d'après midi. Chez la boulangère, la baguette est bonne et la conversation aussi. On parle du manque de touristes cette année, qu'elle relie à la hausse du prix de l'essence. Les gens font moins de route, les villages loin des grandes villes le ressentent les premiers.


Dehors, je croise un baroudeur qui fait du stop, avec comme objectif de rejoindre Perpignan pour y retrouver ses parents en vacances. On papote un moment avant qu'une voiture s'arrête pour lui. Chacun sa méthode.


Je commence le tour des maisons. Sainte Énimie est un village médiéval magnifique, mais dans les centres comme celui-là, les maisons sont soit inhabitées, soit des gîtes.


Je m'éloigne du centre, je tombe sur trois maisons habitées et je reçois trois refus polis : pas de place ou des terrains en pente.


Je fais le calcul et il n'y a rapidement plus vraiment d'autres maisons à essayer, et au vu du nombre de gîtes dans le coin, sonner encore risque de tomber sur un professionnel qui me proposera un lit payant. Je remplis bien mes gourdes et je repars.


Quelques kilomètres plus tard, je trouve ce que je cherchais, un endroit plat, discret et bien orienté. Je pose la tente, j'ouvre la toile pour profiter des derniers rayons de soleil, et je m'installe avec des chips et mon livre.


Le soir tombe doucement sur les gorges du Tarn. C'est bien aussi, les soirs comme ça.