J16
De Triaize à L'Aiguillon-la-Presqu'île
Réveil en douceur dans ma tonne de chasse : le soleil se lève comme dans une pub pour des céréales, l’air sent l’herbe mouillée et je suis seul dans le champ, juste moi, le silence et quelques canards à qui j'ai envie de dire qu'il vaudrait mieux qu'ils partent si ils ne veulent pas être chassés par Claude et ses amis. Après une vingtaine de kilomètres, j'arrive à l'’Aiguillon, et impossible de résister : un panini chèvre-miel à 5 € qui a le goût exact de la récompense après ces kilomètres. Je le mange vers 14 h, face à l’odeur de l’Atlantique. Ensuite, plage, baignade, sieste. Une triptyque auquel je vais surement m'habituer.
Puis je repars, je traverse des lotissements un peu endormis (on sent qu'on est sur la fin de la saison) et je tombe sur un couple en plein jardin, aussi transpirant que moi. Laurent et Valérie. Je leur explique mon projet, demande timidement si je peux poser ma tente. Eux me disent : "mieux qu’un bout de jardin, viens dormir dans notre maison en travaux" . Trois chambres vides pour moi tout seul (le plus dur, c’est de choisir laquelle).
Douche chaude, lessive, odeur de linge propre. Et, cerise sur le gâteau, invitation à la crêperie le soir. Mais avant ça, je désherbe leur jardin pendant trois heures avec un couteau et mes doigts, essayant d’arracher une plante grasse dont le nom scientifique ressemble à mon code wifi (ou plutôt à celui de mes parents parce que je n'en avais pas chez moi, et de toute façon, je n'ai plus de chez moi, menfin je m'égare). Café, cookies, blagues : les heures passent très vite !
Le soir, galette complète, crêpe caramel beurre salé, mojito au cidre en apéro. Ils me prennent en photo pour leur journal de famille (je suis plus fier que d'avoir été dans Ouest-France). Les discussions coulent comme la pâte à crêpe : projets, voyages, sport, travail...Je rentre avec cette impression rare d’avoir vécu une journée qui ressemble à une parenthèse douce, improbable, joyeuse.