JOUR 2 :
De Bunus à Labets Biscay
Réveil à 6h, après une nuit entrecoupée : les chiens du coin se sont donné le mot pour organiser une chorale nocturne. Résultat : à peine cinq heures de sommeil, mais il faut repartir.
Le midi, pause à Saint-Palais. Surprise : Isabelle et Dominique, mes anges gardiens de Bunus, débarquent pour me rapporter le chargeur que j’avais oublié à la boulangerie. Le genre de détail qui peut te ruiner une journée quand tu marches seul… et qui, grâce à eux, devient au contraire une nouvelle preuve de la générosité du Pays basque.
La route n’a pas été tendre : du dénivelé, des jambes lourdes, mais aussi plus de pauses et de repos. J’avance un peu moins vite, mais je savoure. Après m’être perdu quelques kilomètres (merci l’absence de réseau), j’arrive lessivé chez mes hôtes du soir, Mathieu et Estelle. Ce qui est beau, c’est que tout a commencé par un simple coup de sonnette : j’avais juste besoin d’eau, le cimetière étant trop loin. C’est la toute première maison où j’ai osé frapper. Et me voilà invité à planter ma tente dans leur jardin.
Le soir, l’accueil se transforme en fête. Apéro avec de délicieuses bières, repas à base d’araignée de porc (un régal), et une scène digne d’un petit théâtre rural : des jeunes du village viennent exposer à Mathieu et Estelle le programme des fêtes de l’été, deux jours de repas, tournois et événements, pour ensuite récolter quelques sous pour l’organisation. Une tradition du Sud-Ouest qui sent bon la camaraderie. Les discussions avec ce couple ont été plus profondes que je n’aurais pu l’imaginer (sur l’appréhension de la mort, la jeunesse…).
J’aurais pu dormir sur leur canapé, mais par délicatesse je préfère planter ma tente dehors, histoire de ne pas troubler les nuits de leurs enfants de trois et cinq ans. La soirée s’achève dans une ambiance douce, simple et chaleureuse.
Je me couche fatigué mais heureux : j’ai fait 30 km, j’ai grimpé pas mal de côtes, mais j’ai gagné des rencontres, un repas, et surtout la preuve qu’en frappant parfois à une porte, on ouvre bien plus que ça.