JOUR 3 :
De Labets-Biscay à Sordes-l’Abbaye
Réveil à 6h45 après une nuit de 7h, luxe relatif. Je démonte ma tente en silence, sans réveiller Thomas et ses enfants encore plongés dans leurs vacances, ni Estelle déjà partie travailler. Petite fierté discrète : filer sans un bruit, comme un voleur.
Sur le chemin, je rencontre deux pèlerines à vélo, Francine et Agnès. On discute une bonne trentaine de minutes de nos parcours respectifs. Elles me refroidissent un peu en racontant que leur petit-fils “surentraîné” s’est blessé au bout de 15 jours sur le GR de Bretagne et a dû abandonner. Bon, ça remet les choses en perspective.
La route se fait plus facile avec Ben Mazué dans les oreilles : la musique fait passer les kilomètres sans que je m’en rende compte. J’essaie de marcher parfois sans musique, mais c’est encore compliqué.
À Sordes-l’Abbaye, une rencontre : Gérald. Intrigué par mon sac et mon allure de marcheur un peu cabossé, il m’offre un café et surtout ce qu’on a de plus rare sur les routes : un moment de conversation. La vie, les chemins, l’essentiel. Ça vaut tous les banquets.
Je tente ensuite ma chance au gîte pour pèlerins, mais sans crédential, pas de place. Les gérantes, malgré tout, m’offrent une pomme. Certes, bien attaquée… mais quand la gentillesse a la peau fripée, on en mange quand même la moitié.
En marchant dans la ville, je me rends compte que j’ai quitté les Pyrénées pour entrer dans les Landes. Déjà !
Le soir, je trouve un petit camping pas cher, parfait pour poser ma tente. Lecture, appels à quelques amis, puis baignade dans la rivière voisine. Le dîner, pâtes au thon sur réchaud, me rappelle que je reste un amateur : j’ai mis plus d’énergie à ouvrir le couvercle du réchaud qu’à marcher mes trente kilomètres.
Une journée moins fatiguant que les autres, tout autant agréable, avec peut-être moins de rencontres mais davantage de repos.