J89
De Ravenoville Plage à Carentan
Après un petit-déjeuner solide chez Brigitte et Michel, de ceux qui donnent l’impression qu’on peut marcher jusqu’au bout du monde, je reprends la route. Aujourd’hui, l’objectif est clair : Carentan, où m’attend un BlaBlaCar pour rentrer à Rennes le temps d’un week-end. Une pause. Méritée, je crois.
À Sainte-Marie-du-Mont, je m’achète une petite baguette. La suite du parcours est moins spectaculaire (je parle de la vue, pas de baguette). Moins carte postale. Mais paradoxalement plus légère. Je marche différemment quand je sais qu’une pause m’attend. Le corps se détend avant même d’avoir arrêté. C’est fou comme l’idée du repos peut déjà faire le travail.
J’arrive assez tôt à Carentan. Je m’installe à la médiathèque du coin, un de ces lieux où personne ne vous demande pourquoi vous êtes là. Ensuite, je traverse la rue pour prendre un espresso à la boulangerie. J’y reste bien plus longtemps que prévu. Je discute avec la boulangère, longtemps, vraiment. Elle finit par m’offrir le café et semble sincèrement déçue de ne pas pouvoir m’héberger ce soir.
La personne qui doit me ramener en BlaBlaCar arrive à la gare quelques minutes plus tard. Le trajet passe incroyablement vite. On parle de tout. De projets de vie, de ce qu’on aimerait faire plus tard, ou différemment. Il me parle de sa rupture récente, encore chaude, encore douloureuse. De sa famille aussi. C’est étrange et beau, ces conversations “en mouvement”. On est affaissés sur nos sièges, mais les mots, eux, avancent droit. Parfois, c’est plus facile de se livrer quand la route fait le travail à notre place.
Il me dépose à Villejean, à Rennes. Je prends le métro jusqu’à chez moi. Je sonne à la porte.
Ça fait du bien d’être chez soi.