De Bernières-sur-Mer à Trouville-sur-Mer
Après un solide petit-déjeuner avalé à la hâte au lever du jour, je quitte Bernière-sur-Mer avec l’idée de rallier Trouville-sur-Mer dans la journée. Le froid est sec, juste ce qu’il faut pour me réveiller sans me glacer, et le ciel s’éclaircit doucement au-dessus de la côte. Les kilomètres s’enchaînent à un rythme étonnamment régulier. J’ai l’impression que la journée file plus vite que les précédentes. Peut-être que ma tête s’évade un peu plus loin que mes pieds.
Il fait légèrement froid, la température idéale pour marcher sans étouffer sous les couches. Je suis bien content de ne pas avoir à m’arrêter toutes les dix minutes pour enlever mon pull et le rattacher tant bien que mal autour de ma ceinture. Vers Deauville, changement brutal d’ambiance. Après des heures à croiser seulement quelques promeneurs épars, je me retrouve soudain plongé dans un flot de monde. Comme si tous les habitants s’étaient donné rendez-vous au même endroit, au même moment. Ça rit, ça parle fort, ça déambule, ça consomme. Moi, avec ma tête rouge et mes jambes un peu cabossées, je traverse tout ça comme un fantôme, encore à moitié dans le silence de la marche.
Je finis par atteindre Trouville en fin de journée, un peu usé mais content. J’ai réservé un Airbnb avec le bon cadeau que mon frère et ma sœur m’ont offert pour mon anniversaire (cadeau royal, vraiment, à ce stade du voyage). Je pose enfin mon sac, je découvre un paquet de pâtes dans un tiroir. Ce sera mon festin du soir. Je n’ai plus vraiment la force de discuter ou de traîner. Une douche, un plat de pâtes, et je file me coucher tôt.
Demain, la dernière étape avant une grosse grosse pause pour les fêtes m’attend. Alors je m’endors avec cette satisfaction tranquille : demain soir, je m’endormirais dans mon lit.